Top 10 des phrases insupportables au bureau

 
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Il y a des phrases, voire des attitudes, que je ne supporte plus dans un open space ou sur un chantier. Parce que oui, ces petites phrases que l’on s’adresse machinalement entre collègues en disent beaucoup sur notre état d’esprit. Et j’irais plus loin encore en disant qu’elles sont révélatrices de la culture d’une entreprise et des valeurs de notre société. Alors c’est parti pour le top 10 des phrases insupportables au travail 🤓

1. “Attends, tu la connais celle-là ? Vas-y, c’est juste une blague.”


Je suis gentille, je commence avec un classique. Ah, la blague sexiste / raciste / homophobe / etc. qui sert d’excuses pour diffuser une culture stigmatisante sous couvert d’humour. Qui n’y a jamais fait face ? Alors non, ce n’est pas drôle, en fait ça s’appelle de la discrimination ordinaire. Remarques récurrentes sur le physique, blagues sexistes ou sexuelles, banalisation du viol, remarques paternalistes et infantilisantes… : toutes ces phrases assassines permettent la diffusion d’une culture discriminante et l’instauration d’une ambiance malaisante. Et si on arrêtait ça ?

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2. “Elle est marrante ta coiffure, je peux toucher tes cheveux ?”

Non. Déjà, non ce n’est pas « marrant ». Et ensuite, est-ce qu’on vous demande si on peut vous toucher le nez, ou l’orteil ou toute autre partie du corps ? Non. Donc si vous n’êtes pas coiffeur ou coiffeuse, banissez cette phrase.

Vous dites sans doute que cet exemple est exagéré, mais je vous assure que non. Il s’agit de l’une des phrases humiliantes les plus souvent vécues par les femmes aux cheveux crépus notamment et qui suscite de nombreuses problématiques et discussions.

«C’est sans doute la première des choses dont parlerait n’importe quelle femme noire. C’est une micro-agression que je trouve particulièrement dégradante. J’ai toujours dit aux gens “ne caressez pas mes cheveux, vous me faites me sentir comme un chien”, et c’est une chose dont j’ai parlé à chacun de mes amis.» - Et ça, c’est Solange Knowles qui le dit. Alors : back off !

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3. “Euh, attends, tu pars à cette heure-ci ?”

Deux cas de sous-entendus possible :

1) “Tu n’as pas conscience pro”, “T’en fous pas une”, “Son travail est moins important que son boulot”… Il est temps de cesser les réunions “super importantes” à 18h, les mails en début de soirée et la surenchère du “je-reste-plus-longtemps-que-toi” : le présentéisme n’est pas synonyme d’efficacité ou de santé. Scoop : même si on n’a pas d’enfant, on a le droit d’avoir une vie perso et de ne pas finir tous les soirs à 20h.

2) “C’est un mauvais père / une mauvaise mère”, “’Tu es trop carriériste”, “Tu n’as pas une famille ou des amis ?”… Consacrer du temps à sa vie professionnelle est un choix et être carriériste n’est pas un gros mot. Scoop : même si on a des enfants, on a le droit de bosser tard si on en a envie.

Et si en fait, on arrêtait juste de se juger les un.e.s les autres ?

4. “Tu ne devrais pas te plaindre, vous êtes bien loties les femmes en France quand même.”

Wow. Alors celle-là, elle mérite de reprendre les explications les plus basiques. Il n’existe pas d’échelle du malheur. On ne hiérarchise pas les humains. Et hypothétiquement, si c’était le cas : devrait-on se réjouir du malheur des autres pour se sentir mieux ? Non.

Oui, les femmes en France ont le droit de voter, d’avoir un compte en banque, de ne pas se marier, de travailler, d’avorter, etc. (rappelons au passage que certains de ces droits sont très récents et perpétuellement remis en question, oui même en France). A côté de cela, l’égalité salariale entre les femmes et les hommes à cette allure prendra encore plus de 200 ans, les femmes sont encore soumises à la pression permanente de faire un choix entre carrière et famille, 60 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint depuis le début de l’année à l’heure où j’écris ceci, etc… Dois-je continuer ?

Alors, comme dirait la grande Ariana : thank you, next.


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5. “Elle a les dents qui rayent le plancher, elle est pire qu’un mec !”

Elle a le droit en fait. D’avoir de l’ambition, de le montrer, de viser haut… Merci les médias, les films et l’imagination populaire, on se dit qu’une femme ambitieuse est forcément arriviste, despote, voire violente. Alors que c’est bien connu, un homme ambitieux, ah ça c’est séduisant et rassurant… F-A-U-X. Mais, si la part des femmes au sommet des entreprises progresse, elles sont encore si peu nombreuses qu’elles n’échappent toujours pas à ces clichés. Et si au contraire on participait à briser ce plafond de verre en encourageant plus de femmes à chercher le pouvoir ?

Au fait, les hommes ont le droit d’abandonner une carrière et de ne pas être ambitieux. Je préfère préciser au cas où.

6. “Elle est de mauvaise humeur, elle doit avoir ses règles.”

Non, elle n’a pas ses règles. Non, elle n’est pas “hystérique”. Cette phrase est insultante à double raison. D’abord, parce qu’elle lui dénient le droit d’être de mauvaise humeur ou en colère. Ensuite, parce qu’elle renvoie à l’idée que sa personnalité ou ses propos ne sont conditionnés que par un effet physiologique.

 
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7. “Tu dois travailler avec Michel-l’handicapé sur ce dossier ? Olala, bonne chance.”

Ce que l’on ne connait pas nous fait peur certes, mais pitié, ayons un peu plus de bienveillance. Handicap rime avec adaptation, et pas complication. Il suffit de comprendre que Michel n’est pas qu’un handicap pour voir toute al richesse qu’il a offrir et s’apercevoir qu’il a des compétences très utiles. Alors, non, pas bonne chance, mais plutôt “tu as de la chance”.

8. “Les banlieues ? Non mais tu es noir(e), tu dois mieux connaitre que moi.” 

Ahem… C’est complètement idiot, à plus d’un titre. II faut combattre les clichés qui collent aux banlieues et à ses habitant.e.s. Et puis, si j’aime le fromage, je viens forcément de Savoie ? Apprenons à connaitre nos collègues, pour de vrai, intéressons-nous réellement à qui ils/elles sont et quelle est leur histoire, en s’affranchissant de nos idées reçues.

 
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9. “Le digital ? Laisse tomber, il est trop vieux.”

Chacun.e a sa propre richesse et peut nous apprendre plus qu’on ne le pense. Et si on partageait nos savoirs pour s’enrichir et ouvrir de nouvelles perspectives au collectif ? C’est le pouvoir de l’intergénérationnel et c’est une dynamique qui fonctionne dans les deux sens. Et il ne faut pas oublier : aujourd’hui junior.e, demain senior.e, nul n’y échappe 😉

10. “Fais voir la photo du CV ? Attends, elle est trop grosse, nan, il faut recruter une jolie fille.”

Marche aussi en remplaçant “jolie” par “mince” / “blonde” / “blanche” /…

Aux dernières nouvelles, nos compétences, peu importe notre genre, ne sont pas liées à l’avis (subjectif par ailleurs) qu’autrui porte sur notre physique. Et oui, c’est aussi valable pour les métiers dits “de représentation” (mannequinat, accueil, …). On parle d’inclusion des personnes en situation de handicap, de diversité des origines, etc. mais il est un phénomène grandissant qui fait des ravages, la grossophobie. Ne participons pas à la diffusion de complexes. Non, mon poids ne portera pas atteinte à l’entreprise. En revanche, juger quelqu’un sur son physique lors d’un entretien d’embauche, c’est ce qu’on appelle la discrimination à l’embauche et c’est illégal. Et ça, ça va porter atteinte à l’entreprise.

 
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Texte par

Morgane Dion

Publié le

30 Mai 2019


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